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Mirabilia

Table au croco ©Isabelle Dumont

Histoire et actualité des cabinets de curiosités
Conférence scénique

Le cabinet de curiosités, ancêtre des musées, est souvent perçu comme un capharnaüm de bizarreries hétéroclites. Il est pourtant un petit théâtre du monde, dont les mirabilia – « choses admirables », càd des objets rares, insolites ou précieux issus de la nature, de la science, de la technique ou de l’art – sollicitent le sens autant que les sens. Voilà plus de dix ans qu'Isabelle Dumont revisite ce dispositif dans des conférences scéniques pour partager du gai savoir sur des sujets qui lui tiennent à cœur, que ce soit le baroque, les animaux, les plantes ou les pierres... Non-académique, sa démarche vise à décloisonner et déhiérarchiser les champs de la connaissance et de l’art au sein d'un monde culturel où la transdisciplinarité favorise de nouvelles curiosités. À partir d’une collection qui renvoie aux différents cabinets qu'elle a créés, dont le dispositif dévoile progressivement les surprises, Mirabilia retrace l’histoire de ces «  chambres des merveilles » nées à la Renaissance, pour interroger leurs résurgences et leurs déclinaisons contemporaines.

Conception et interprétation – Isabelle Dumont
Avec la participation du serpentiste Christophe Morisset
Régie – Filipa Cardoso
Scénographie – Clément Losson
Durée – 1h30

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Agnès Thurnauer & Tiphaine Samoyault

thalielab

L'Atelier des Écritures Contemporaines de La Cambre et Thalie Art Foundation vous convient au prochain rendez-vous d’une série de conversations autour de la notion de texte dans la création contemporaine, "Les formes du texte". Une grande partie de l'histoire de l'art comme de la littérature peut s'écrire sous l'angle des rapports entre les artistes et les écrivains. Où en sommes-nous avec cette histoire ? Aujourd'hui, le travail des auteurs comme des artistes, qu'il prenne la forme de la recherche théorique ou plastique, cinématographique ou littéraire, paraît relancer les dés à nouveau frais. Et si au coeur de cette relance, entre savoir et fiction, mise en récit de soi et du monde, se logeait l'idée du texte comme pivot de la création ? Des réécritures du passé à l'anticipation du futur, en passant par le déchiffrement du présent, les régimes de narration et, singulièrement, du texte n'ont sans doute jamais été aussi foisonnants. Conversation menée par Gilles Collard.

A comme Boa, le texte que Tiphaine a écrit pour notre livre, m’est apparu comme la solarisation des images. Il n’y pas d’ilustration réciproque, il y a l’empreinte du même, dont la moité s’exprime en mots, l’autre en photos. A comme Boa ne m’apparaît pas comme notre création à toutes les deux, mais comme dit le poète Wordsworth, « The child is father to the man ». Ce livre est notre Maternité cosmique. Chacun s’en sentira l’enfant, « assis parmi les bêtes et parlant toutes les langues ». Agnès Thurnauer

Tiphaine Samoyault est écrivaine, critique et professeur de littérature française et comparée à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Récemment, elle a publié une biographie très remarquée de Roland Barthes aux éditions du Seuil dans la collection Fiction et Cie.

Agnès Thurnauer est artiste. Ses tableaux et sculptures traitent de la question du langage. Elle a exposé dans de nombreux centres d’art et musées, en France et à l’international. Elle a publié certains de ses textes notamment dans la collection Ecrits d’artistes aux Beaux-arts de Paris et plusieurs ouvrages monographiques lui sont consacrés. Son livre avec Tiphaine Samoyault paraît avec le soutien de Thalie Lab.

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Paul Ardenne

paul-ardenne

Juste avant la soumission (et à toutes fins, si possible, de la retarder)

À l’initiative de l’atelier de Peinture
Le devenir des artistes contemporains ? Bien des indices -esthétiques, marchands, symboliques– informent d’un glissement notoire vers la soumission. Que comprendre ? L’emprise du lieu commun, du cliché, de la réactivité émotionnelle de masse, le tout démultiplié et magnifié par des médias serviles essentiellement soucieux de promotion marchande, finit par générer des créateurs sans qualité toujours plus nombreux. Avec des oeuvres en rapport, standardisées, conformistes en diable, profilées pour l’intégration, au pouvoir critique nul.

Est-ce un problème ? Non si l’on considère que la vocation de la culture est de fournir un décor à nos modes de vies, sur le mode de l’accompagnement gratifiant. Oui, en revanche, si quelque chose en nous se cabre au vu de ce qu’est devenu notre monde au registre de l’humanisme, un prodigieux ratage collectif.

Paul Ardenne (1956) est écrivain, historien de l’art et commissaire d’exposition. Agrégé d’Histoire, docteur en Arts et Sciences de l’art, il enseigne à l’Université Picardie - Jules Verne d’Amiens (UFR Arts). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la création moderne et contemporaine : Art, l’âge contemporain (1997), L’Art dans son moment politique (2000), L’Image Corps (2001), Un Art contextuel (2002), Art, le présent (2009), Cent artistes du Street art (2011)…

Derniers ouvrages parus : Heureux, les créateurs ? (2016) et Roger-pris-dans-la-terre (roman, 2017), publiés à La Muette / BDL (Bruxelles). Prochaine publication : Un Art écologique. Création plasticienne et anthropocène (essai, Actes Sud, 2018).

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Bernard Stiegler

Que peut l’art dans l’Anthropocène ?

À l'initiative de l'Atelier de Peinture et du CASO Arts numérique
L’ Anthropocène est plus que jamais devenu avec Donald Trump un état d’urgence absolue qui redessine toutes nos priorités et requalifie toutes nos critériologies, c’est à dire nos devoirs. Par ailleurs l’art, bien qu’intemporel sinon éternel, est précisément ce qui donne le temps en traversant toutes les époques. Mais il ne le peut qu’en s’inscrivant dans son époque. Qu’est-ce qu’une époque cependant ?

Une époque est ce qui a résulté d’une bifurcation dont nous verrons qu’elle doit être conçue comme néguentropique, cependant que l’art est l’exercice le plus purement néguentropique que l’on puisse espérer. La néguentropie est ce qui lutte contre l’Anthropocène, parce qu’elle lutte contre l’entropie, et parce que l’Anthropocène est un Entropocène. L’art peut et doit mener une telle lutte.

Bernard Stiegler (1952) est philosophe. Il axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, politiques, économiques, psychologiques — portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques.
Fondateur et président du groupe de réflexion philosophique Ars industrialis créé en 2005, il dirige également depuis avril 2006 l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé au sein du Centre Pompidou à Paris.

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