Called Messages, writing with matter
Called Messages, writing with matter
Erasmus+ Blended Intensive Programme
Depuis les premières traces humaines, l’écriture habite les murs. Des parois des grottes préhistoriques aux slogans politiques du mur de Berlin, des inscriptions votives aux élans anonymes d’amour, la surface publique n’a cessé d’être le lieu d’une prise de parole : mémoire, contestation, projection.
Le BIP "Called Messages, writing with matter" propose de renouer avec cette dimension originelle en envisageant l’écriture non comme un geste graphique, mais comme un acte incarné, spatial et sculptural. Il ne s’agit plus d’écrire sur la surface, mais d’écrire dans la matière : graver, inciser, inscrire.
Que signifie aujourd’hui inscrire un message dans la matière ? Comment le choix du support (bloc, fragment, architecture) conditionne-t-il ce qui peut être dit ? Et quelle voix émerge lorsque les mots, soustraits à la fluidité du tracé, se confrontent à la résistance du matériau, à la durée, à l’érosion ?
Durant une semaine, une vingtaine d’étudiant·e·x·s issu·e·x·s d’écoles partenaires européennes, formés au design graphique et à la typographie, travailleront en groupes pour concevoir et graver un message destiné à prendre place dans l’espace. À partir de blocs de béton cellulaire, ils composeront un paysage temporaire — une topographie de signes — où chaque intervention dialoguera avec les autres, entre élévation, fragmentation et tension.
Au-delà du texte, c’est la mise en espace qui devient langage : construction ou effondrement, horizontalité ou verticalité, proximité ou isolement, autant de paramètres qui modulent la lecture et produisent du sens.
Le titre "Called Messages, writing with matter" évoque à la fois les messages gravés et ceux qui surgissent d’un contexte précis. Les étudiant·e·x·s sont invités à situer leur parole : depuis l’Europe, en 2026, en tant que jeunes designers. Il s’agit moins d’émettre un message que de prendre position, et d’assumer la portée de ce qui est inscrit, peut-être, pour durer.
La semaine s’ouvre par une déambulation urbaine attentive aux écritures inscrites dans la ville (gravées, incisées, enchâssées dans l’architecture) suivie d’un temps d’échange et de formulation des premières intuitions. Très rapidement, la pensée se confronte à la matière : les étudiant·e·x·s expérimentent la gravure, éprouvent la résistance du matériau, et amorcent l’inscription de leurs messages.
Les jours suivants sont consacrés à un travail patient de taille et de construction, où le geste se répète, s’affine, se précise. Les discussions avec les enseignant·e·s accompagnent ce processus, ouvrant des questions de positionnement spatial et de relation entre les formes produites. Progressivement, une réflexion collective s’élabore autour de l’installation à venir, sans en figer prématurément les contours.
Un temps spécifique est ensuite dédié à la mise en espace : comment les messages individuels entrent-ils en résonance ? Que produit leur agencement ? Quelle lecture naît de l’échelle, du matériau, de la disposition ? L’installation devient alors un langage collectif, structuré par des choix partagés. Certains étudiant·e·x·s pourront également prolonger cette réflexion par des propositions de communication, annonçant l’ouverture au public.
La semaine s’achève par le montage de l’installation, suivi d’un moment de présentation informelle. Cette exposition éphémère donne à voir une pluralité de voix, inscrites dans la matière et mises en relation dans l’espace.
À travers cette expérience, les participant·e·x·s explorent la gravure comme geste typographique et matériel, interrogent l’écriture comme acte situé, expérimentent les dynamiques de construction et d’instabilité, et s’engagent dans un processus collectif de conception et de mise en exposition. L’installation finale témoigne ainsi d’une polyphonie : celle d’une génération qui inscrit, dans la matière, ses prises de position.